AMAROLI CONQUIERT LE MONDE
John William Armstrong publia en 1944 en Angleterre The Water
of Life, A treatise of urine therapy, un des premiers ouvrages relatant
à travers sa propre expérience et de nombreux témoignages,
les bienfaits de cette thérapeutique. S'il fut la risée des
scientifiques de l'époque mais une bénédiction pour
les journalistes à scandale et les humoristes en mal de copie, ce
livre n'en fit pas moins réfléchir quelques esprits curieux
de par le monde. Et la méthode d'Armstrong qui paraissait paradoxale
et farfelue trouva vite quelques adeptes qui avaient vérifié
ses bienfaits.
Selon les travaux des professeurs Mills et Faunce, de l'Université
de Newcastle (Australie), il apparaît qu'en Inde certains yogis fidèles
à la médecine ayurvédique, préconisent de boire
quotidiennement un bol d'urine pour obtenir le calme et la sérénité
de l'esprit favorables à la méditation et la bonne santé
nécessaire à l'harmonie physique.
Un article du Courrier International du 19 décembre
1992, affirme que l'urinothérapie (ou urothérapie)
compte aujourd'hui plus de deux millions d'adeptes au Japon. Selon l'Indian
Express de Bombay du 9 octobre 1992, la vogue de l'urinothérapie
a gagné Hong-Kong et Taïwan où, plus de 200.000 personnes
boivent chaque jour leur urine. Aux États-Unis il existe aujourd'hui
un véritable engouement chez les chauves et les obèses pour
ce nouveau traitement miracle.
LA LÉGENDE AMAROLI
Au Japon, tout est parti de l'étonnante expérience
vécue par un pilote japonais au cours de la seconde guerre mondiale.
Anoki et ses camarades furent bloqués sans eau et sans nourriture
durant plusieurs semaines dans une casemate souterraine. Suivant les conseils
du médecin militaire enfermé avec eux, ils auraient survécu
en buvant leur urine. Une fois libéré, Anoki poursuivit cette
cure et l'aurait enseignée à Chen Ching Chuan, un Chinois
qui, enthousiasmé par les effets obtenus, devint un zélé
propagandiste de cette méthode.
Personnage charismatique, Chen s'est forgé une belle
légende. Il raconte notamment comment, après avoir bu durant
trois mois de son urine, il aurait rajeuni de vingt ans, si bien que le
jour où il voulut refaire sa carte d'identité, les policiers
le prirent pour un fraudeur: au lieu des 64 ans de son état civil,
il paraissait tout au plus avoir quarante ans ! Chen prétendait
aussi avoir retrouvé toute sa vigueur sexuelle, et recouvré
une excellente mémoire grâce à amaroli.
De l'Asie, l'urinothérapie a traversé le
Pacifique, essaimé en Amérique, puis en Europe. Pour ne pas
effaroucher les curs sensibles, l'urine a pris des noms poétiques
tels l'eau magique, l'eau de vie, l'eau dorée, eau de l'ange, et
son usage thérapeutique s'appelle désormais amaroli ou orinage
(qui vient du vieux verbe français oriner = pisser).
Les témoignages affluent
En 1991, après avoir chaviré en mer des Caraïbes,
Nancy Smith, une navigatrice solitaire, dériva durant un mois et
demi sur son canot pneumatique. Retrouvée saine et sauve, elle affirme
que c'est à amaroli qu'elle doit sa survie. Non seulement elle se
frottait le visage et le corps exposé au soleil avec son urine,
mais elle la buvait.
Vince McKaye, un Australien qui s'était égaré
pendant un mois dans le redoutable désert de Gibson, après
que sa jeep fût tombée en panne, recourut aux bienfaits
d'amaroli pour rester en vie. A court de vivres et de boisson, Mc Kaye
avoue avec humour à ses sauveteurs qu'après avoir bu l'eau
du radiateur, son urine avait une saveur merveilleuse !
URINE ET STÉRILITÉ
«Un Indien se désespérait de ne pouvoir
avoir d'enfants avec son épouse. Des analyses montrèrent
une concentration insuffisante de spermatozoïdes dans le sperme de
cet homme.
Après de longs mois d'essais de diverses thérapeutiques
qui ne donnèrent aucun résultat, cet Indien consulta un médecin
ayurvédique qui lui conseilla de boire l'urine de sa femme et de
lui donner son urine à boire, si possible directement, sans passer
par un récipient. En outre, il suggéra des lavages des testicules
et du pénis avec l'urine féminine.
L'urinothérapie est connue des Indiens depuis des
siècles comme moyen de guérison; c'est pourquoi ce couple
accepta facilement les suggestions qui lui étaient faites... et
deux mois plus tard ils attendaient leur premier enfant ! Ils s'aperçurent
également que ces pratiques avaient intensifié
leur plaisir sexuel et amélioré l'état général de leur santé.»
Arthur Lincoln Pauls
Shivambu Kalpa, Ortho-Bionomy
Publishing, 1978.
Témoignages historiques :
Voici une anecdote qui défraya la chronique de l'Ancien Régime
et rapportée dans les Souvenirs de Charles-Henri, baron de Gleichen
(Paris 1868):
Féru de sciences occultes et plus particulièrement
d'alchimie, un certain Duchanteau, franc-maçon adepte de la loge
des Amis réunis, créée en avril 1773 par la Grande
Loge de France, imagina un curieux procédé de fabrication
de la «pierre philosophale»:
Tous s'accordent à dire, qu'on doit réunir
sans cesse l'inférieur avec le supérieur, et que le feu,
le vase et la matière doivent se trouver dans le même sujet.
Or, Duchanteau disait: Ce sujet mystérieux, c'est moi, et tout
homme mâle, qui est bien constitué, a le pouvoir, depuis l'âge
de vingt ans jusqu'à cinquante, de faire la pierre philosophale,
sans avoir besoin d'autre chose que de lui-même. Qu'on me fasse entrer
tout nu dans une chambre, qu'on m'y enferme ou qu'on m'y surveille, sans
me donner la moindre chose à boire ni à manger, et j'en sortirai
au bout de quarante jours avec la pierre philosophale!
Voilà ce qu'il a entrepris de prouver à la
loge des Amis réunis... Son procédé et son secret
consistaient à se nourrir uniquement de son urine; il buvait sans
cesse ce qu'il rendait: Voilà la coovation (sic) du supérieur
avec l'inférieur, nous disait-il, mon urine est la matière,
mon corps est le vase, et ma chaleur est le feu; c'est ainsi que ces trois
choses principales se trouvent dans le même sujet.
Duchanteau ayant été mis dans une chambre,
des frères se relayaient pour le surveiller... Dans les premiers
jours, il souffrait cruellement de la faim et de la soif... toutes les
facultés de son esprit s'exaltèrent; tous les jours il devint
plus gai, plus spirituel, plus éloquent; sa force corporelle augmenta
prodigieusement. Mais tout cela était accompagné d'une fièvre
qui devint si forte qu'elle parut dangereuse...
Le conseil de la loge força
Duchanteau à quitter son entreprise. Il l'avait soutenue jusqu'au
vingt-sixième jour, sans avoir rien pris que son urine, laquelle
s'était réduite à la valeur d'une demi-tasse; elle
était d'un rouge extrêmement foncé, épaisse,
gluante et d'une odeur balsamique et excellente; on l'a déposée
et conservée précieusement dans nos archives, mais la Révolution
a détruit cette urine anoblie qui, peut-être, était
une médecine admirable, et je n'ai jamais pu apprendre ce qu'elle
est devenue.»
Source : Eloïse Mozzani
Magie
et superstitions
de la fin de l'ancien régime à la Restauration
Robert Laffont (Paris 1988).
MORARDJI DESAÏ
(1896-1995)
Dans ses Mémoires de 7 vies, Jean-François Deniau, ambassadeur de France et ancien ministre, raconte :
«L'Inde a été le meilleur exemple de l'utilité des conversations préparatoires. J'avais été contacté par M. Desaï que j'avais connu à Bruxelles quand il était ministre des Finances. Il ne mangeait ni viande, ni poisson, ni lait, ni uf, rien de ce qui s'arrache à la terre et rien de ce qui est rouge. Seuls quelques fruits dont il était permis de supposer qu'ils étaient tombés naturellement de l'arbre et les céréales dont les épis mûrs se courbent vers le sol, étaient admis.
Quand il m'invitera en Inde en 1978, pour relancer les relations franco-indiennes, il était Premier ministre. Octogénaire, très alerte, il avait une peau de nouveau-né et entendait le moindre murmure.
Son secret, me confia-t-il, était de boire un verre de sa propre urine deux fois par jour. Malheureusement, des dizaines d'années auparavant, par un geste de distraction dans une réception diplomatique, il avait bu une gorgée de bière et ne cessait de la recycler.
Dès qu'on parlait chiffres, projets industriels, rentabilité, contrôle, il était l'un des interlocuteurs les plus sérieux que j'aie eus. Puis il fut battu à son tour par Indira Ghandi (l'Inde est la plus grande démocratie du monde).»
Morardji Desaï fut un homme politique indien de tout premier plan. Il participa au mouvement de désobéissance civile contre les Britanniques et devint un membre influent du parti du Congrès dans son fief l'État du Gujerat. Ministre du Commerce et de l'Industrie en 1956, puis des Finances en 1958, il démissionna en 1963, conformément au plan Kamaraj.
A la mort de Lal Bahadur Shastri, en janvier 1966, Desaï ne sera pas désigné à la tête du gouvernement face à Indira Gandhi mais deviendra l'année suivante son vice-Premier ministre et ministre des Finances.
Représentant de l'aile conservatice du parti du Congrès, il entrera en conflit avec Indira Gandhi qui lui retira son portefeuille en juillet 1969.
Lors de la scission du Congrès, il forma avec la vieille garde du parti le Old Congress et deviendra un des chefs de l'opposition.
Réélu député en 1971, il rejoignit le mouvement de protestation de J.P. Narayan et fut arrêté en 1975 par Indira Gandhi lors de la proclamation de l'état d'urgence. Relâché le 18 janvier 1977, il fut membre de la coalition du Janata avec l'Old Congress, lors du retour des élections libres.
Premier ministre de l'Union indienne du 24 mars 1977 au 15 juillet 1979, il dirigea le premier gouvernement de l'histoire de l'Inde formé sans la participation du parti du Congrès, et succède à Indira Gandhi, après la fin de l'état d'urgence.
Toutefois les dissensions au sein de la nouvelle coalition gouvernenentale le poussèrent à la démission deux ans après sa nomination.
CHRISTIAN TAL SCHALLER
Le Dr Christian Tal Schaller, éternel chercheur,
curieux de toutes les thérapies naturelles, a lui aussi étudié
amaroli, sous tous ses aspects, et nous offre un livre très sérieux,
qui se lit pourtant comme un roman.
Avec son enthousiasme coutumier, Schaller nous dit dans sa
préface:
«Partout dans le monde, une nouvelle conscience est
en train de naître. On comprend que l'écologie ne doit pas
être seulement la protection de l'environnement extérieur
mais aussi la sauvegarde de notre immunité: c'est l'écologie
intérieure. Dans ce fantastique mouvement d'éveil, amaroli,
cette technique millénaire, peut jouer un rôle important.
Elle nous rappelle que nous sommes des êtres merveilleux, disposant
d'un corps absolument prodigieux, fruit de l'intelligence cosmique universelle,
doté de mécanismes d'auto-guérison et d'auto-régénération
extrêmement puissants. Avec cette compréhension, la souffrance
et les maladies ne sont plus des fatalités mais seulement le produit
de notre ignorance. L'âge d'or de la santé et de la joie de
vivre cesse d'être un rêve utopique pour devenir l'expérience
que chacun peut faire, grâce à une dynamique de transformation...
et à l'eau d'or que constitue amaroli!»
Mon expérience personnelle
En 1970, j'eus comme patient un homme de trente-deux
ans qui souffrait d'un psoriasis généralisé. Tous
les traitements allopathiques avaient été essayés,
sans succès durable. J'appliquai un traitement homéopathique
et des conseils diététiques: il présenta une amélioration,
mais pas une guérison complète.
Quelques mois passèrent. Un jour, nous nous rencontrâmes
fortuitement dans la rue. Il déclara alors n'avoir plus du tout
de psoriasis! Je fus fort étonné et m'empressai de lui demander
quel était le secret de sa guérison spectaculaire. Un peu
embarrassé, il m'avoua avoir découvert le livre de J.W. Armstrong,
The Water of Life, et mis en pratique ses conseils.
Après un jeûne à l'urine de deux semaines
avec des frictions d'urine sur la peau chaque jour, les lésions
psoriasiques avaient disparu. Grâce au maintien d'une prise d'urine
chaque matin et d'une alimentation hypotoxique, le psoriasis n'était
plus jamais revenu, à la grande joie de cet homme qui avait souffert
pendant de nombreuses années de cette pénible affection.
J'achetai alors le livre d'Armstrong. Malgré mes réticences
scientifiques et mon dégoût psychologique pour une thérapie
aussi saugrenue, je décidai d'essayer l'urinothérapie sur
moi-même. Je fus émerveillé de l'amélioration
de ma vitalité et de ma santé globale et ne pus alors que
conseiller cette méthode à ceux de mes patients qui semblaient
capables d'accepter psychiquement une thérapie aussi peu conforme
aux idées reçues.»
Christian Tal Schaller
Pour rassurer les âmes sensibles mais néanmoins
intéressées par la méthode Amaroli, le Dr. Schaller
préconise de commencer cette cure par une dilution homéopathique
de son urine. Car, si l'urine a mauvais goût, cela signifie que l'organisme
est intoxiqué et qu'il a grand besoin de se nettoyer. Après
désintoxication par le jeûne ou un régime végétalien,
le goût de l'urine deviendra très agréable et elle
pourra être consommée sans dilution.
Pour en savoir plus:
Docteur Christian Tal Schaller:
Amaroli Editions Vivez Soleil - Genève (Suisse)