Portrait d'un Voyant

GEORGES MARTIN DE BELLERIVE


 


PRINCE DE LA VOYANCE

 
Georges Martin de Bellerive est un prince de la Voyance. Je l'ai connu en 1992. Il venait de participer à l'émission «Mystères» avec Yaguel Didier et Maud Kristen, en présence de son "témoin", un avocat assez courageux pour apporter un témoignage absolument fantastique, après en avoir demandé l'autorisation à son bâtonnier.
Homme séduisant, courtois, au regard vif, à la voix chaleureuse, il avait alors la soixantaine.
L'appartement lyonnais où défile une clientèle choisie est bourgeois, meublé avec art, sans clinquant ni clin d'oeil magique ou décor ostentatoire. Tout ici respire l'harmonie. Pas une faute de goût.
Georges Martin de Bellerive reçoit uniquement sur rendez-vous. Ce n'est donc pas la foire d'empoigne dans son salon d'attente. De temps à autre, le téléphone sonne. Il se lève, se dirige vers son bureau, décroche, écoute, parle, rassure, convainc son interlocuteur avant de reprendre le fil de son récit.

 
«Souviens-toi du futur et parlons-en !»

De sa belle voix, il cisèle les anecdotes qui ont émaillé sa vie, orfèvre quelques jolies images que je note au passage, et je me trouve très vite sous le charme.
"Un homme vient me voir, il aimerait retrouver sa femme disparue depuis quelques semaines. C'est un campagnard plutôt simple, voire fruste. Soupçonné de meurtre, il semble sincèrement bouleversé. La police s'en mêle. La gendarmerie enquête. Il va avoir affaire à la justice...
Je me concentre et je lui décris sa ferme, sa maison aux volets verts.. sa femme qui erre dans la montagne. Je la vois escalader les rochers... Elle hésite longtemps avant de se jeter dans le vide... Puis je décris le «corbeau» en train d'écrire les lettres affreuses qui l'accusent, lui, de l'avoir tuée. Je devine ses initiales. L'homme sera soupçonné, puis inquiété...
Plusieurs mois plus tard, des randonneurs retrouveront le corps de sa femme dans la montagne au pied de la falaise d'où elle s'est jetée. Le corbeau sera démasqué..."

 
Une voyance pure, directe

Georges de Bellerive pratique la voyance pure, par voie directe, sans le support des tarots ou de la boule de cristal. Il se sent investi de la mission sacrée de donner aux autres ce qu'il a reçu. Il a une très haute idée de son apostolat qu'il ne considère pas comme un «métier», car pour le pratiquer il ne faut pas d'apprentissage.
"On naît voyant... Je dois donner ma voyance comme d'autres donnent leur sang."
Paradoxalement, si Georges de Bellerive tient à marquer sa différence, son originalité, son droit à braver la normalité par une pratique occulte, il souhaite pourtant que la parapsychologie soit reconnue comme activité légale, et comporte une déontologie rigoureuse, contrôlée, voire sanctionnée.
Il y a quelques années, le voyant accepta d'être confronté à une équipe de six chercheurs en sciences humaines qui, durant des mois, sous la direction de François Laplantine, étudièrent, disséquèrent son comportement et son art.
A la fois sujet d'observation et observateur lui-même, Georges de Bellerive participa activement à cette passionnante expérience, qui donna naissance à un livre désormais célèbre: Un Voyant dans la Ville (Editions Payot).

 
Qu'est-ce que la voyance?

«C'est à la fois une grâce et une épreuve. » La matrice de la voyance est la communication. Une communication permanente entre consultant et consulté.
Pour Georges de Bellerive, la voyance fonctionne selon la même alchimie que la naissance d'un rêve, la création d'une oeuvre artistique. C'est un dialogue avec soi-même par personne interposée. C'est un don au double sens du terme. L'être "doué" se donnera à son prochain qui attend tout de lui, surtout le miracle. Cela va jusqu'à l'identification à son prochain.
«Lorsque j'entre en communication avec l'ASTRAL, les images se dessinent et se succèdent par petite touches... Un défilé d'impressions fugaces. Rien qui se fixe... Jamais de certitudes... Un cortège d'ombres et de visions... Avec parfois, un éclair, une fulgurance, l'évidence qui éclate...
Une fois que ma voyance est passée je redescends sur terre. Mais après, cette angoisse au fond de moi qui m'étreint, cette hantise de l'échec, d'être passé à côté du miroir... et cette joie bouleversante lorsque c'est "cela" qui arrive.»

 
Qu'est-ce qu'un voyant ?

Un mercenaire de l'insolite? Un explorateur de phantasmes? Un alchimiste des apparences? Un médiateur de l'au-delà?
Le regard perdu dans le vague, Georges de Bellerive que je vois de profil, murmure de sa belle voix grave:
«Pour le consultant, la voyance est un besoin de s'exprimer avec quelqu'un qui sait vous écouter, et sait partager. Et prenant sur ses épaules, le temps de la consultation, le fardeau de celui qui souffre je le libère de son angoisse. Je compatis à sa douleur, je m'initie à ses phantasmes, je partage sa solitude.
Lorsque je suis en "communion", que j'entre en "résonnance", je ressens dans ma chair et dans mon âme ce que ressent la personne venue me consulter, je suis en "sympathie" profonde, je souffre avec elle, je suis "elle"...»
«Le voyant ne dispose pas comme le médecin, le psychologue, et même l'astrologue d'un "savoir" particulier. Il exerce un "pouvoir" dont il n'est que le dépositaire passager. Et, lors de chaque consultation, il lui faut à nouveau faire la preuve de ce pouvoir.»
Pour expliquer au profane ce qu'il est, Georges de Bellerive dira d'abord qu'il est une sorte de psychologue, puis s'avouera un peu médium, enfin seulement il proclamera qu'il est un voyant... Il est fier de son beau métier, mais il en éprouve comme une pudeur.

 
Pourquoi vient-on consulter un voyant?

- Quelles sont les motivations et les aspirations de ceux qui viennent consulter un voyant?
«Des statistiques nationales disent que sur l'ensemble des consultants il y aurait 13 % d'hommes et 87 % de femmes.
La majorité des hommes qui viennent me consulter sont des commerçants ou des industriels soucieux de leur affaire, des cadres indécis quant à leur avenir, des hommes politiques inquiets pour leur réélection. J'ai personnellement beaucoup de clients issus de l'hôtellerie et de la restauration.»
- Quelle relation s'établit entre voyant et consultant? A ces questions Georges de Bellerive répond avec simplicité:
«La plupart des consultants veulent des réponses directes, précises, sans appel, à leur problème du moment, à leur angoisse.
Or je ne suis qu'un intermédiaire, un téléscripteur de l'Astral, la boîte à lettres de la Providence, le récepteur de la divinité. J'accepte le terme de médium mais avec réticence. Je ne communique jamais que mes impressions.»
Donc tout se passe comme si la voyance était une information octroyée, et non sollicitée, un message codé du hasard qui passe d'une âme à l'autre.
«Lorsque je "vois", j'entre en demi transe et me sens "visité" Mon âme communie, entre en symbiose avec celle du consultant, et je lévite dans son subconscient. Je deviens "lui", et tout devient évident et lumineux.»
C'est ainsi que le problème fondamental qui se pose au voyant est l'impérieuse appétence du consultant de connaître les heures favorables de son avenir, les instants propices à la réalisation de ses désirs.
«Voyageant quotidiennement à travers le temps des autres, de leurs phantasmes et de leurs désirs, je "vois" mieux lorsque je suis libre de mon inspiration qu'à la date fixe et contraignante d'une consultation.
Quand j'ai quelque chose à dire, ça vient tout seul. Souvent, c'est lorsqu'on ne me demande rien que j'ai une vision parfaite que je dois transmettre. C'est ainsi qu'il m'arrive parfois d'appeler mes consultants au téléphone et de leur dire ce qu'il faut absolument que je leur dise.
L'envers de la médaille, c'est que mes visiteurs se déchargent abondamment sur moi, mais que je me dois de rester toujours disponible, en demeurant à l'écoute de leurs soucis, de leurs emmerdements.
Depuis que le clergé a abdiqué son rôle de confesseur, mon cabinet est devenu un véritable carrefour des "émotions subtiles".
C'est là que chacun vient déposer ses sanies et ses déchets, se libérer de ses angoisses et recharger amplement ses énergies.»

 
Dans le secret du cabinet...

Entre deux consultants, le praticien fait une sorte de toilette mentale. Pour lui-même et pour le lieu. Il s'agit pour lui d'éviter les interférences.
Dans son bureau règne un égrégore, c'est un lieu de convergence, un lieu où chacun peut découvrir diverses identités et s'en trouver bien. Donc ce magnétisme que l'on peut ressentir dans ce bureau et qu'il entretient avec un maximum de respect, fait que les gens repartent dans de meilleures conditions qu'ils n'y sont entrés.
Avec les habitués, il commence souvent la séance en entrant de plain-pied dans la voyance, comme dans une transe, sans qu'il y ait de préambule.
Ici la consultation n'est pas une cérémonie sacrée au rituel immuable. Bellerive parle au rythme de ce qu'il ressent, délivrant un message souvent allégorique et très imagé qui peut paraître flou au visiteur qui vient pour la première fois. Mais on sort de là imprégné d'impressions vives et contradictoires qu'il faut laisser décanter avant d'en comprendre la signification profonde.
A l'instar de Socrate et de sa maïeutique, il fait avant tout travailler notre esprit pour nous apprendre à démêler nous-même l'écheveau. «A l'instant de ma vision, ma respiration devient brusquement différente: c'est une respiration profonde, au rythme lent mais saccadé.
Je capte alors ce qui affecte mon client: Je deviens l'autre. Je vois ce qu'il est en train de vivre, plus souvent ce qu'il va vivre ou, plus rarement, ce qu'il a vécu.» Voici ce que dit François Laplantine de cette transe (ouvrage déjà cité):
«Le débit de sa parole devient alors extrêmement rapide, parole qu'une de ses clientes a très bien qualifiée à mon avis de "parole automatique", par comparaison à l'écriture automatique.
Afin de tenter de mieux comprendre cette expérience de communication ou plus exactement de communion avec l'autre (dont la durée peut être de quelques secondes ou de quelques minutes) au cours de laquelle il n'est véritablement plus lui-même, écoutons ce que nous ont confié plusieurs de ses consultants:
"A ce moment-là, il a de vous une vue que vous ne pouvez jamais avoir de vous-mêmes".
"Il voit votre être intérieur, non dans son apparence, mais dans son essence".
"J'ai eu l'impression qu'il me volait des choses dans ma tête !"

 
Déontologie.

La déontologie de sa fonction préoccupe Georges de Bellerive jusqu'à l'inquiétude, car il ne plaisante pas avec les questions d'éthique. Il souffre lorsque ceux qu'il reçoit viennent "vomir" chez lui ce qu'ils ont "avalé" ailleurs.
Conscient du formidable pouvoir psychique que le voyant exerce sur les êtres vulnérables qui le consultent, il exige du praticien modestie, honnêteté et vertu. Il se démarque absolument de toute activité ésotérique, magique etc.
«Il est vrai qu'aujourd'hui, succédant à des décennies d'optimisme rationaliste, à l'idéologie du progrès permanent, la fascination des jeunes pour l'idée de "nature" redonne ses lettres de noblesse aux croyances ésotériques du don, du pouvoir inné, de la transcendance.
Des désirs aussi vieux que l'humanité ressurgissent, privilégiant l'âme, la conscience, l'astral, à la matière, à la froide intelligence, aux certitudes scientifiques. Et c'est là que réside le vrai danger. Cette facilité pour le mage de subjuguer, de bluffer, de contraindre des êtres faibles et désarmés.
La totalité des consultants qui se croient envoûtés ne l'ont été que par le mage qu'ils ont vu avant moi ! Il règne de nos jours, dans certains cabinets, un véritable terrorisme spirituel ! Mais je ne m'étendrai pas là-dessus ! Soyons positifs !»

 
Enfance et adolescence

Georges Martin de Bellerive naquit à Lyon. Son père, Louis de Bellerive, se sépare de Rose sa jeune et jolie femme, alors qu'elle est enceinte de leur fils.
Commerçante, Rose qui a le don de précognition dont héritera Georges, travaille durement pour l'élever.
Elle ne se remariera pas. Obligée de le confier à ses parents et à ses quatre soeurs vivant ensemble dans le même appartement, ce n'est que le dimanche que l'enfant retrouve sa mère. Ces heures de délicieuse intimité seront pour lui autant d'instants lumineux et bénis.
Il a sept ans lorsque se manifeste sa première voyance. Ses visions passent plutôt mal dans l'entourage familial. Seule une voisine, Mme N., s'y intéresse et en parle avec lui.
Un jour, le petit Georges se trouve seul dans la chambre qu'il partage avec une tante et sa grand-mère. Soudain, il voit sur le mur un personnage étrange. L'homme lui apparaît phosphorescent, comme illuminé de l'intérieur.
Cette vision provoque une peur intense chez le jeune garçon qui se réfugie dans la cuisine sans en parler à personne. Le même phénomène se reproduira deux fois.
Ce n'est que beaucoup plus tard, chez une parente, que Georges de Bellerive reconnaîtra dans le portrait de son ancêtre Armand de Puységur, l'homme de sa vision.
Compter parmi ses ancêtres le marquis de Puységur, inventeur de l'hypnose et défenseur du magnétisme humain, véritable précurseur de la psychanalyse, sera pour le jeune clairvoyant une découverte immense.
"Je me souviens aussi qu'aux alentours de mes huit ans, nous étions en 1931, j'aimais beaucoup monter à Fourvière avec ma tante Josette. Un jour, comme nous passions rue Tramassac, je ressentis une vision étrange. La rue semblait transformée en cimetière. Je le dis à ma tante qui me traita de «bête» !
Or c'est là que, plus tard, des dizaines de personnes et de sauveteurs moururent sous leurs maisons effondrées, lors d'un glissement de terrain !"
Le jeune Georges pressent que sa mère va mourir. Hospitalisée, Rose meurt d'une crise d'urémie au jour prévu par son fils. Georges atteint ses onze ans.
Louis Martin de Bellerive reprend son fils avec lui, à Marseille. Georges y fait la connaissance d'un demi-frère chouchouté, et de Solange, sa jeune et ravissante belle-mère, avec qui il commence par s'entendre parfaitement. Ici la vie sera facile, aisée, un peu compassée, avec des domestiques aux petits soins. Mais l'enfant garde une grande nostalgie pour Lyon-la-mystérieuse, et sa famille maternelle modeste mais très gaie.

 
L'adolescent a pressenti l'heure de la mort

Lorsque Georges atteint ses quatorze ans, son père meurt d'un cancer. Là encore, l'adolescent a pressenti l'heure de la mort.
Puis c'est le rejet inexpliqué, la brouille avec Solange, le retour à Lyon.
Les années ont passé. Sa grand-mère et plusieurs de ses tantes sont mortes, dont Josette, sa meilleure confidente. Commence alors une période difficile auprès d'une tante rigide et peu compréhensive. Il étudie trois ans à l'école libre d'Ainay avant de passer quelques mois au lycée Ampère.
L'impécuniosité familiale le contraint à abandonner ses études. Errances et petits boulots.
La guerre le verra soumis à l'obligation des Chantiers de Jeunesse d'où il s'évade pour rejoindre la résistance dans le Jura. Il sera "Bertrand". A la libération, Georges de Bellerive connaît des années de vache enragée. Travaux alimentaires sans intérêt, hébergements de fortune, privations se succèdent sans qu'il trouve sa voie.

Il rime sa douleur

Oui le monde me déçoit
Me lasse et me déroute
Au point que j'aimerais
M'en aller mais où
Sur la route...

 
Comme il n'a pas perdu son don de clairvoyance dans la tourmente, il l'exerce pour quelques intimes. Il sent sourdre au fond de lui de grandes aspirations, une vocation sincère quoique confuse. Il envisage très sérieusement de consacrer sa vie à la prêtrise. Le prieur de l'abbaye de Tamier qui le reçoit, et à qui il confesse tous ses problèmes, le dissuadera d'entrer en religion:
- Vous ferez plus de bien dans le monde que vous n'en ferez ici.
C'est à cette époque qu'il rencontre un médecin affilié à l'Institut Métapsychique International et un physicien lyonnais, tous deux passionnés de télépathie. Ils s'intéressent à son cas et le font participer à leurs travaux. Le jeune homme se soumet avec enthousiasme à leurs expériences de psychométrie, de rétroscopie et de perception extra sensorielle sur photos.
"Sur présentation de deux cornes, par exemple, je leur décrivis l'exécution par méchant jeu de soldats, d'une petite chèvre à laquelle elles appartenaient." Interprétation confirmée par E.M. qui avait assisté à la scène.
Dès lors, Georges de Bellerive connaît sa voie. Il entre en parapsychologie comme d'autres entrent en religion. Il exercera sa clairvoyance en professionnel. Un premier noyau de consultants se forme.

 
Maturité et profession

Commence un cycle de recherche et de maturation. Une amie lui procure un local, rue Victor-Hugo. En 1957, il s'installe dans un petit appartement du Cours Lafayette et se déclare officiellement comme parapsychologue. Sans aucune publicité, sinon le bouche à oreille, les clients affluent.
Avec les premiers succès viennent l'assurance, une voyance plus précise, un don qui s'affine... Mais le voyant sait raison garder. Il ne prend pas la grosse tête.
Pourtant, dans le secret de son cabinet, défilent anonymes et personnalités connues. Il sait écouter les craintes, les espérances, les désespoirs. De sa voix inspirée il transpose ses visions en paroles, avertit l'un des dangers qu'il encourt, prévient un autre d'une menace imminente, annonce avec précision un mariage, une naissance inespérée, un retour de fortune. Instrument et confident du destin, il redonne force, courage, espérance.
«Parfois je ne sens rien et je le dis. D'autres fois l'image est si forte que je souffre avec mes consultants.
Je me souviens de ces parents désespérés de la mort de leur fils tué en Indochine. Ils me montrent la photo de son cercueil qui provoque une violente émotion en moi. Et je leur dis;
"Mais votre fils n'est pas là-dedans ! Il est vivant !"
Deux mois plus tard, leur garçon revint de la guerre, comme je leur avais dit.
Et cette mère encore dont je partageais la douleur intense, qui me montre la photo de son fils... Est-ce que vraiment je peux retrouver des disparus? Je vois des images défiler par petites touches... je les énumère... Je dis: " ll y a là un nageur en difficulté, coincé sous des ferrailles... des voitures de pompiers sur la berge... des hommes grenouille... Mais il vit ! Votre fils vit !"
En effet, le disparu fut retrouvé parmi les rescapés de l'incendie de la raffinerie de Feyzin.»

 
1969: Initiation rosicrucienne...

Le succès appelle le succès. Georges Martin de Bellerive devient l'ami de quelques grands de ce monde. Sollicité par les médias, il passe à la radio, participe à des émissions de télévision, on parle de lui dans les gazettes.
Toujours simple, vrai, mais conscient de la gravité de sa fonction. Jamais il ne force le destin, bluffe, triche, quémande ou sollicite. Il n'est pas un voyant comme les autres... Il regarde ses consultants jusqu'au tréfonds de leur âme. Et ce regard lui permet de les rassurer, de les apaiser, même lorsque la vision claire de leur avenir n'est pas au rendez-vous.

 
Le Voyant est un poète...

«Après les décennies de matérialisme, de course à l'argent, à la violence que nous venons de vivre, je pense que les voix du coeur, de l'esprit, de la culture reprendront la première place... Ne soyons pas pessimistes, on y arrivera. La poésie retrouvera ses lettres de noblesse et les peuples assagis honoreront leurs poètes.»
Immobile dans mon fauteuil, fasciné, j'entends vibrer la musique des mots, l'harmonie des phrases, je vois les images qui passent ciselées par l'alchimie du Verbe de Georges Martin de Bellerive.

 
J'étais venu interwiewer un voyant, je découvre un poète...

 
Les vraies valeurs...

Georges de Bellerive est très sensible à l'émotion. Il ne voit pas un être, un paysage, un tableau avec ses yeux, il le "sent" avec son coeur, avec son âme. L'esthétique pour lui est une valeur absolue. La beauté des êtres, la beauté des choses, la beauté des actes, voilà ce qui l'émeut. Et le regard aussi, le regard que l'on porte et le regard que l'on reçoit.
 
Comme tous les véritables artistes créateurs sa vision est double. Il y a la "vue" et il y a le "voir". Et ces visions il ne le les sollicite pas, elles lui viennent naturellement, parfois même elles l'agressent. Le don de voyance qu'il possède, il ne s'en estime pas le propriétaire, mais le simple et loyal dépositaire.
 
Il n'exerce pas pour le profit, mais par besoin, par nécessité, par sacerdoce. Georges de Bellerive prodigue ses visions par amour et avec la permanente hantise que son don ne lui soit retiré.
 
«Lorsque j'entre en transe, je me trouve dans la situation même de l'autre. Je vis ce que je vois. Je ne suis plus moi, je ne suis plus là, je me trouve dans ce que l'autre a vécu ou vivra...»
 
Un silence. Un ange passe. Et la voix familière reprend:
 
«Tenez, voici encore une anecdote.
 
Un médecin installé en plein centre de Lyon dans un quartier résidentiel, travaillait de moins en moins. Sans comprendre pourquoi, il perdait peu à peu toute sa clientèle. Il vint me consulter. Je "vis" un endroit nocif dans son appartement.
Une sorte de pollution en forme de colonne. Impression désagréable, inexplicable. Mû par un pressentiment, j'accompagnai le médecin chez lui. Sur place je fus saisi d'un véritable dégoût... une envie de vomir. Je ressentais quelque chose de malsain dans ces lieux ! Rien de physique ! Quelque chose de vibratoire, des ondes maléfiques ! Et ça ce n'était pas de mon domaine. Pourquoi ressentis-je cela en cet endroit?
Eh bien l'enquête révéla que quarante ans auparavant, la Gestapo avait abattu là des résistants et les avait emmurés sur place.
Un lieu comme ça provoque forcément des résurgences...»
J'ai passé trois heures auprès de Georges Martin de Bellerive. Trois heures fastes. J'ai cherché le défaut de la cuirasse, le point vulnérable. L'endroit qui gratte et qui démange.
Georges veut qu'on l'aime. Il a besoin de vivre en harmonie, en résonnance avec autrui. Il aspire à la reconnaissance de la société à l'égard de ses dons. Est-ce un défaut? Sa sensibilité est infinie.
Peut-être les femmes le comprennent-elles mieux que les hommes. Quatre vingts pour cent de ses consultants sont des femmes. Leurs problèmes tournent toujours plus ou moins autour de l'amour, du sexe, du mariage, des enfants, ou de la santé. La clientèle masculine est plus terre à terre, les problèmes qui l'amènent à la consultation sont à quatre vingts pour cent des soucis d'argent ou d'affaires.

 
La foi

- Etes-vous croyant ?

Georges de Bellerive sursaute, scrute mon visage, et m'entraîne vers son cabinet de travail, un lieu qui ne ressemble en rien à un bureau commercial. C'est plutôt une sorte d'ashram, un lieu de convergence, d'échanges, de convivialité. Il murmure d'une voix douce, presque tendre...

- Je suis un inconditionnel du Curé d'Ars... Sous une cloche de verre, une antique et émouvante Vierge vôtive, immaculée dans ses atours blancs, resplendit mélancolique et secrète. Le legs d'une cliente.

Au mur, une icône de la Vierge, plus loin.un tableau qui m'intrigue. Le voyant le prend et me le montre. Une scène onirique, où passent dans un ciel des Mille et Une Nuits, un vol symbolique d'oiseaux rokhs.

Je m'assieds devant le bureau, à la place du consultant.Il enchaîne sur une anecdote.

«Voici quelques mois, un industriel de mes clients, inquiet de la contrefaçon japonaise de ses produits, m'emmène avec lui à Tokyo afin que je lui dise ce qui cloche...

Un jour, je vais visiter un temple bouddhique. Au milieu d'un parc miniature peuplé de bonzaï, je pénètre dans un superbe oratoire construit dans des bois précieux, orné de dorures, de sculptures, d'un Bouddha de porphyre... Courbés vers les prêtres, les Japonais suivent l'office avec ferveur, ne font pas attention à moi. Aux moment forts de la cérémonie un officiant frappe un gros tambour de bronze.

De mes yeux émerveillés je regarde une ravissante et frêle demoiselle japonaise s'approcher de moi, souriante. Elle s'incline gracieuse et me demande dans un français chantant:

- Voulez-vous faire un voeu? Que demandez-vous pour vous?

- La sagesse ! répondis-je spontanément.

Elle s'incline, légère, aérienne.

Un jeune prêtre amène le cylindre votif.

La petite interprète murmure:

- Il ne faut pas rentrer chez vous par Moscou, mais par Anchorage... (Alaska).

Je ne saurai peut-être jamais quel danger me fut évité ce jour-là !

Après la cérémonie, l'exquise Japonaise vient me trouver, accompagnée du grand prêtre, merveilleux personnage, véritable rayon de soleil dans ses habits de lumière, un regard de brume et de rêve sous une coiffe pharaonique. Il s'incline, souriant, les mains jointes, et m'invite à le suivre dans la crypte même du temple.

Il me prie de me déchausser...

Il m'emmène dans une sorte de sacristie où je découvre des parchemins enluminés, de magnifiques rouleaux déployés couverts de dessins à l'encre de chine et de caractères japonais...

Puis, pour me remercier d'avoir évoqué la sagesse dans mon voeu, le grand prêtre concélèbre pour moi tout seul, avec tous ses officiants, un magnifique office religieux...

J'assiste à cette cérémonie, assis dans la position du lotus. Je suis très ému. Les incantations, la musique rituelle, les coups de tambour, les effluves de l'encens et d'autres aromates rituelles qui brûlent dans les cassolettes, m'envoûtent... Je suis ému aux larmes ! Et vous me demandez, mon vieux, si je suis croyant?»

 
Quelques témoignages encore...
Mme Marie-Christine B.

«Nous avions un grand appartement à St Cyr au Mont d'Or qui nous coûtait trop cher et qui était devenu beaucoup trop grand pour nous depuis le départ des enfants. Nous n'arrivions pas à le vendre.

Ayant été consulter Georges de Bellerive, il me dit: "Cet appartement sera vendu avant le 15 décembre de cette année." C'était difficile d'y croire, vu le prix que nous en demandions.

Or, au début du mois de décembre, des gens se sont présentés. Ils sont peut-être restés seulement un quart d'heure. Ils étaient décidés à acheter et à payer comptant. Mon mari et moi sommes restés cloués. On a signé le 13 décembre.»
 
Mme Marcelle R.

«Mon chien s'était sauvé de la maison. Il devait être dix heures du soir.

Très inquiète je téléphone à M. de Bellerive. Il m'a répondu:

"Ne vous inquiétez surtout pas, vous allez le retrouver. Venez me voir avec sa photo. "Je peux vous dire que j'ai foncé chez lui. Il m'a dit, après avoir examiné la photo du chien: "Il va être pris par un transporteur qui va le donner à une dame. Mais il sera tellement insupportable que cette dame cherchera à s'en débarrasser. Dans deux jours vous l'aurez retrouvé." Je dois dire que, malgré toute la confiance que j'ai en M. de Bellerive, je demeurais sceptique. Mon mari répétait: "On ne le retrouvera pas." Deux jours après, une dame me téléphone en me disant qu'elle avait mon chien. Elle me raconta textuellement ce que M. de Bellerive avait dit.»

 
M. Armand C.

«J'ai consulté de Bellerive en octobre 1979. Il m'avait mis en garde aussi au sujet d'un accident de plongée qu'il m'a décrit ainsi:

"Vous aurez un accident de plongée, bénin en lui-même, mais vous en réchapperez d'extrême justesse. Je vous vois bloqué sous un pipe-line ou un tuyau sous-marin, enfin quelque chose de ce genre."

Une vingtaine de jours plus tard, au large du Cameroun, alors que je posais des bidons d'allègement sur un pipe-line, mon tuyau d'arrivée de mélange respiratoire est parti dans la poulie de traction des bidons, je suis resté coincé ainsi près de dix minutes, risquant à tout moment de me faire écraser le corps entre les pipe-lines et les bidons d'acier du fait de la houle.

La seule solution était de sectionner mon tuyau d'air et de remonter sur les bouteilles de secours. Malheureusement, une valve de mon casque n'a pas fonctionné, et c'est sans air que j'ai dû remonter. à la surface où, à demi inconscient, j'ai pu agripper une providentielle bouée de repérage des bidons...»

 
Je me sens léger, porté par des ailes !

En quittant la rue Waldeck-Rousseau, la nuit est tombée. Je me sens léger, porté par des ailes ! Je ressens une sorte de jubilation comme après l'audition d'une cantate divinement interprêtée. L'humanité me semble moins moche !

Pourtant, Georges Martin de Bellerive ne m'a rien prédit pour moi-même ou ma famille ! Je ne lui ai d'ailleurs rien demandé ! Mais je sais qu'il m'appellera, peut-être demain ou dans un an, s'il a quelque chose à me dire ! Je me sens protégé.
  Pierre Genève


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