- La soixantaine avenante, Michel Barthès est un homme simple, d'un abord facile, au sourire discret. Guérisseur renommé, il a longtemps fait partie du GNOMA, une association de tradipraticiens réputée avant que des conflits internes n'en chassent les adhérents les plus sérieux. En rencontrant Michel Barthès pour la première fois, on est à cent lieues d'imaginer que l'on se trouve en présence d'un Mage aux pouvoirs exceptionnels, et qui ne fait pas mystère de sa spécialité.
MS : Pouvez-vous m'expliquer ce qu'est un envoûtement?
- MB : Il existe plusieurs sortes d'envoûtement.
D'abord, l'envoûtement mineur, qui est en quelque sorte un simple auto-envoûtement. Une personne fragile, assaillie par une série de malheurs, finit par ne plus accepter son sort.
Au lieu de réagir, de se prendre en main, elle rejette la source de ses misères sur quelqu'un d'autre, généralement un proche.- J'en vois tous les jours arriver à mon cabinet, en plein délire de persécution. Elles savent toujours qui les a envoûtées. La cousine, l'oncle, le neveu, la belle-mère ou la voisine... Pour libérer une personne de ce faux envoûtement, il ne faut surtout pas nier l'envoûtement - elle partirait ailleurs ! Je l'écoute donc patiemment, et fais semblant de marcher dans son jeu.
- MS : Vous lui mentez ?
- MB : Disons que j'élude! Je commence par dresser un thème de géomancie.
Je vois alors tout de suite très clairement ce qui cloche. La géomancie c'est épatant pour cela. Et, dans le cas d'auto-envoûtement, je dis à mon patient: peut-être avez-vous été envoûté, mais ce n'est pas par la personne que vous croyez... Je détourne leur absolue certitude, sur quelqu'un d'autre que je ne nomme pas. Pour cela il me faut mentir. Mais cela creuse immédiatement un fossé entre leur passé obsessionnel, leur peur, et l'avenir apaisé que je leur prépare. Je crée chez eux un réflexe d'auto-défense.- Après quoi, il me suffit d'un simple rituel placebo pour délivrer mon patient. Je le fais revenir une ou deux fois pour contrôle, mais en général il est guéri. Pour un certain temps. Mais ce sont des êtres fragiles... Ils replongent souvent, et reviennent quelques mois ou des années plus tard, présentant les mêmes symptômes.
- Il existe plusieurs sortes d'envoûtements. D'abord, l'envoûtement mineur, qui est en quelque sorte un simple auto-envoûtement. Une personne fragile, assaillie par une série de malheurs, finit par ne plus accepter son sort. Au lieu de réagir, de se prendre en main, elle rejette la source de ses misères sur quelqu'un d'autre, généralement un proche. J'en vois tous les jours arriver à mon cabinet, en plein délire de persécution. Elles savent toujours qui les a envoûtées. La cousine, l'oncle, le neveu, la belle-mère ou la voisine... Pour libérer une personne de ce faux envoûtement, il ne faut surtout pas nier l'envoûtement - elle partirait ailleurs ! Je l'écoute donc patiemment, et fais semblant de marcher dans son jeu.
- Envoûtement maléfique
- MB : Ensuite il y a l'envoûtement maléfique. Ça c'est tout autre chose! Ce type d'envoûtement est exécuté selon un rituel précis, par un sorcier ou un jeteur de sort. Il agit sur l'inconscient d'un sujet, qui le subira sans pouvoir y échapper. Là, c'est beaucoup plus sérieux. Cette sorte d'envoûtement a été provoqué par une opération de magie noire.
- MS : Vraiment?
- MB : Vous ne me croyez pas?
- MS : Je doute fort qu'il existe encore autour de nous, en France, en ce début du 3e millénaire, des sorciers ou des mages détenant de véritables pouvoirs maléfiques. En tout cas je n'en ai jamais rencontré!
- MB : Détrompez-vous! Ils ne sont pas nombreux! Mais ils existent! Et leur pouvoir de nuire est redoutable! D'ailleurs l'Eglise catholique le sait, elle qui maintient un prêtre exorciste dans chaque diocèse. L'Eglise toutefois ne reconnaît qu'une seule sorte d'envoûtement: la possession.
- Les autres, relèvent pour elle de la maladie mentale. Et de nos jours les curés renvoient les fidèles qui se disent envoûtés aux psychiatres. Il est vrai que la véritable possession est très rare. Je n'en observe pas plus de un ou deux cas par an. La multitude de personnes qui se croient et se disent envoûtées, est la conséquence de la démission individuelle et collective à laquelle nous assistons de nos jours. Cette névrose obsessionnelle est un fait de société. Je pense qu'elle est dûe à l'abandon de nos valeurs élémentaires, à la substitution de nos références morales naturelles par le matérialisme le plus vulgaire.
- Une anecdote
- MB : Quand je me suis installé, j'avais en face de mon cabinet, dans la même rue, un glorieux charlatan qui se proclamait "roi des Gitans" et qui faisait croire à chaque consultant qu'il était envoûté. Il leur faisait un cinéma pas croyable et réussissait à leur soutirer jusqu'à 3000 euros par opération. Certaines personnes venaient se faire protéger chez moi. Mais au début je refusais de marcher dans leur jeu, affirmant loyalement qu'elles n'étaient absolument pas envoûtées. Alors elles partaient se faire pigeonner ailleurs. C'est donc l'expérience qui m'a appris qu'il ne faut jamais dire à un patient qui se croit envoûté, qu'il ne l'est pas! Maintenant je fais semblant de les suivre. Je sais que c'est dans leur tête que ça se passe et j'agis en conséquence. Je réussis presque toujours à les apaiser en leur appliquant le rituel de guérison
- MS : Qu'est-ce que c'est, un rituel?
- MB : Le rituel d'exorcisme que j'utilise m'est personnel. Comme tous les autres, il est basé sur le rituel canonique de l'Eglise qui a fait ses preuves, avec ses phrases porteuses, ses formules précises, à répéter trois fois. C'est l'abbé Julio qui a dévoilé les rituels de désenvoûtement et d'exorcisme, au début du XXe siècle. Mais j'en ai abandonné les formules trop contraignantes, supprimant la condamnation à l'enfer pour l'entité qui possède, car je suis contre toute contrainte. J'applique un rituel transformé.
- MS : Comment se déroule un désenvoûtement ?
- MB : Le rituel du désenvoûtement est très précis, mais gradué. C'est pourquoi il ne faut pas se tromper sur la puissance de l'esprit possesseur. Le formulaire comporte des phrases sacrementelles telles que: «Je veux, j'ordonne, j'exige...»
- Autrefois, on chassait l'esprit possesseur du corps de sa victime en le rudoyant, en le refoulant en enfer, mais je préfère le convaincre de s'en aller avec des mots persuasifs, sur fond de percussions et de prières. Pour celui qui assiste pour la première fois à une telle cérémonie, c'est très impressionnant. Car l'esprit possesseur ne se laisse pas faire. Il se défend. Sous son emprise, la victime s'agite, hurle, se débat, vocifère. C'est en général très bruyant. Je dois absolument rester calme, de sang froid.
- Avec force et conviction je convaincs l'esprit possesseur de s'en aller: « Je ne vous veux pas de mal, mais nous allons vous chasser d'où vous êtes. Si je vous chasse d'où vous êtes ce n'est pas que je vous veux du mal, mais c'est pour vous pousser vers le lumière...» Je répète ces phrases, entrecoupées des formules du rituel, telles que: «Va-t-en, esprit mauvais. Quitte cet homme!» jusqu'à ce que l'esprit possesseur ait compris. Tant que ce n'est pas passé, on continue. Cela peut durer des heures. Quand on va donner l'ordre au patient lui-même, il faut quelqu'un pour le surveiller. C'est pourquoi je travaille toujours en présence d'un témoin, de préférence un membre de la famille de l'envoûté.
- MS : Mais comment peut-on encore croire à de telles rites? m'insurgeais-je.
- Michel Barthès plonge son regard franc dans le mien. D'une voix à la fois douce et ferme, persuasive, il poursuit:
MB : Tout cela existe! Et beaucoup plus qu'on ne croit. En abandonnant les rites anciens, en éludant la confession, l'Eglise catholique a laissé le champ libre aux mages, aux sectes et aux sorciers. Je vais vous expliquer comment cela se passe. Le sorcier, jeteur de sort, celui qui envoûte, fait appel à des énergies négatives, il utilise la Magie noire. Le Magiste, lui, agit par la voie spirituelle. Il fait appel lui aussi à des entités, par l'évocation, mais à des entités positives, bénéfiques.
- MS : Pourquoi ce néologisme?
- MB : Un Magiste est un apprenti mage, aux pouvoirs réels mais limités.
- MS : C'est étrange! Je ne peux pas croire que tout cela existe!
- MB : La Magie Noire utilise souvent l'effet "phéromone". Son support matériel sont le voult appelé aussi dagyde, parfois la photo, mais c'est plus long à travailler. La photo, les rognures d'ongles, le sperme, la salive, les excréments de la personne à envoûter servent de "témoins".
- MS : Qu'est-ce que l'effet phéromone?
- MB : Les phéromones sont des substances chimiques qui, émises à dose infime dans un milieu extérieur, par un individu, un animal ou une plante, provoquent chez un congénère des réactions comportementales spécifiques. Les philtres et autres préparations magiques, telles certaines plantes brûlées rituellement agissent selon le principe des phéromones.
- MS : Etes vous croyant?
- MB : La Magie implique une croyance dans les vies antérieures. Personnellement je crois en la réincarnation. Sans elle, je ne pourrais croire en Dieu. Mais revenons à l'envoûtement.
- Magie noire et Magie blanche
- MB : Le plus grave évidemment, c'est l'envoûtement de mort. Cela existe. Et il y en a plus qu'on ne croit. J'ai vu plusieurs personnes mourir de cette façon. Le première fois, j'ai été profondément traumatisé. J'avais été appelé trop tard au chevet de la mourante victime d'en envoûtement de mort. Il existe toute une hiérarchie dans les envoûtements. Ce n'est pas si simple de s'y reconnaître.
- MS : Existe-t-il encore de nos jours des jeteurs de sort?
- MB : Bien sûr qu'il y a des gens qui jettent des sorts. Souvent cela leur échappe. Ils ont ça en eux. Je connais une sorcière originaire du Berry qui vit en région parisienne. Nous étions un jour ensemble dans le métro. Un jeune homme la bouscule. Elle le regarde sans aménité, marmonne quelques mots, et lui jette involontairement un sort. Je ne me rappelle plus quelle formule elle a employé. Mais le fait est, qu'avant d'avoir atteint le bout du couloir, le garçon est tombé et s'est cassé une jambe. Il a fallu appeler le SAMU.
- Elle a fait ça tout à fait inconsciemment. Après, elle l'a regretté, mais c'est plus fort qu'elle. Elle est incapable de refréner ses pouvoirs. Tout dépend des connaissances du sorcier.
- En général le sorcier travaille sur une dagyde, sorte de poupée en cire vierge, qu'il baptise du nom de la personne à atteindre. et sur lequel il opère des tas de maléfices, avec une aiguille, proférant ce qu'ils veut obtenir. Il doit travailler la dagyde en appelant à son aide les puissances infernales, jusqu'à ce qu'il obtienne la mort. Les gens qui meurent ainsi portent les symptômes d'une maladie grave, mais que les médecins ne peuvent pas confirmer.
- La personne dont je vous parlais tout à l'heure est morte d'un cancer.
- Magie blanche et Magie noire
- MB : La Magie blanche dénoue ce que la Magie noire a perpétré. Chaque praticien doit choisir son camp. Mais la Magie noire existe. C'est toute action maléfique qui porte atteinte à la liberté ou à l'intégrité de quelqu'un. Le retour d'affection, par exemple c'est de la Magie Noire. C'est forcer quelqu'un à revenir, alors que son bonheur est ailleurs.
- MS : Vous y croyez, vous, au "retour d'affection"?
- MB : Oui! Bien sûr ! Ça marche, mais jamais très longtemps. On doit respecter la liberté de chacun.
- MS : Il existe donc encore de vrais satanistes?
- MB : Les gens qui travaillent avec Satan sont rares mais ils il y en a. Car une telle association n'est pas de tout repos. Il faut du courage pour s'allier à Satan! De vrais satanistes, j'en connais. Ce sont parfois des gens très bien, au fond. Ils travaillent sous l'égide d'un égrégore noir. Ils ont créé un égrégore de Satan. Il y a des satanistes qui guérissent. Généralement, ils le font gratuitement.
- MS : Sur quelles forces s'appuient-ils?
- MB : Sur des forces du bas astral.
- MS : Qu'est-ce que c'est que cela, les forces du bas-astral?
- MB : Ce sont des gens morts sans avoir atteint un degré d'évolution suffisant. Leurs esprits errent et ce sont les seuls qui répondent facilement aux appels. Les sorciers, les mages qui pratiquent la magie noire font appel à leurs forces. Ils utilisent leur force. Incrédule, je souris!
- MS : Je ne vais tout de même pas gober tout ça!
- Voyant mon scepticisme, Michel Barthès poursuit:
- - Mais si! Je vous l'assure! On le fait vraiment. Beaucoup d'autres techniques analogues et très anciennes sont réellement efficaces. Les satanistes ont choisi leur bord. Il faut toujours choisir son bord.
- MS : Comment êtes-vous entré dans ce circuit, comment avez-vous connu ces choses?
- MB : Moi on me les a apprises. J'ai eu beaucoup de chance. A 19 ans j'étais paralysé, j'avais une polio. Je fus guéri par la personne même que je remplace aujourd'hui.
- J'ai d'ailleurs commencé à pratiquer l'année où elle est décédée.
- Il s'agissait d'un praticien très complet au savoir immmense. Il était greffier au tribunal de Dakar. Lorsqu'il m'eut guéri, il exigea que je fasse de bonnes études. C'est lui qui m'a initié au magnétisme, à la géomancie, à la magie. Il m'a tout appris, patiemment, durant des années, même les rituels de désenvoûtement, c'est lui qui me les a inculqués. Je n'ai commencé à pratiquer officiellement qu'à l'âge de 35 ans.
- Je l'ai exeorcisé
- MB : Avant, pour gagner ma vie, j'avais monté une société de disques avec un associé. J'ai eu des problèmes avec lui. Il présentait tous les symptômes d'un envoûtement. Exalté, sombre, défaitiste, odieux avec son entourage, querelleur, il n'était pas vivable. Connaissant les techniques, je les ai utilisées pour la première fois sur lui. Je l'ai exorcisé à distance et, du jour au lendemain il a retrouvé toute son affabilité naturelle, sa joie de vivre. Le retour à la grâce. sa fille m'a demandé comment j'avais fait. Je lui ai dit.
- En Vendée un paysan voyait ses vaches mourir
- Ma seconde grande expérience, je l'ai vécue en Vendée. Un paysan voyait ses vaches mourir sans que le vétérinaire puisse enrayer l'épidémie. Il ne comprenait pas ce qui se passait. En fait c'est un sort jeté sur la ferme qui décimait le cheptel. Alors j'ai fait un désenvoûtement sur l'étable comme on fait sur une maison, puis sur chaque bête.
- Dès le lendemain, les vaches cessèrent de mourir et la ferme est redevenue prospère. Evidemment ça s'est dit dans la région, et depuis, je suis appelé de temps à autre pour désenvoûter une ferme. Et ça me rassure. Car réussir le désenvoûtement d'un troupeau, c'est quelque chose de formidable. Avec les animaux on ne peut pas prétendre que c'est l'effet placebo qui guérit!
- Chaque fois que je doute...
- MB : Chaque fois que je doute, cela ne manque pas, on m'appelle quelque part pour une étable. Ça m'arrive bien deux fois par avant.
- MS : La magie noire se pratique par l'appel aux puissances maléfiques, vous avez parlé d'égrégore de Satan. Mais la magie blanche, le désenvoûtement ?
- MB : On peut tout demander à Dieu.
- MS : Pouvez-vous me décrire le déroulement d'une opération magique?
- MB : Pour "pourrir" un terrain, une maison, les rendre inhabitables, voire mortels, un sorcier prend trois oeufs frais, fécondés et non lavés, qu'il pique d'un côté et dans lequel il remplace un peu de matière par des excréments. Par exemple de la bouse vache.
- Il dépose ces oeufs ainsi contaminés aux trois angles Nord, Sud et Est (?) du champ qu'il veut corrompre, et les laisse agir.
- Les oeufs pourrissent et envoûtent de leur maléfice le lieu. Tout va dépérir. Le fermier verra ses vaches tomber malades, sans raison. Appelé à l'aide le vétérinaire ne trouvera pas le mal dont elles sont atteintes. Dans nos campagnes, le phénomène est connu, et, devant une telle épidémie, où leur science est impuissante, certains vétérinaires avertis suggèrent à l'éleveur d'appeler le "rebouteux".
- Lorsque ça va mal on fait appel à moi
- Il en va de même pour le commerce ou l'industrie. Usines en faillite. affaires qui périclitent. Bien sûr, le plus souvent c'est que l'entreprise est mal gérée.
- Mais vous ne pouvez pas savoir le nombre de chefs d'entreprise jaloux, de patrons caractériels qui font appel à la sorcellerie pour se débarrasser d'un associé ou d'un concurrent! Il faut un rituel pour défaire ça. C'est là que l'on fait appel à moi!
- MS : Dans le cas de la ferme, par exemple, comment faites-vous?
- MB : Le plus facile c'est encore de refaire le rituel inverse, trois oeufs frais, fécondés pas lavés. On les charge de son énergie et, avec des prières, on les place également selon un triangle, mais d'orientation inverse. Cela recrée l'hexagramme!
- Le choc en retour
- MS : Parlez-moi du choc en retour!
- MB : Le choc en retour. Bien sûr que cela existe. Longtemps j'ai connu les chocs en retour. Mais c'était normal. Pour moi, ils se traduisaient toujours par des chocs sur mes voitures. Elles étaient "bougnées" en permanence.
- Un dimanche, seul dans la rue, une rue large, sans obstacles, quelqu'un est venu se garer juste devant moi et a réussi de me casser le phare ! Lorsque j'ai débuté dans le métier je ne savais pas vraiment m'en défendre efficacement. Je l'ai subi souvent, le choc en retour!. En fait jamais dans ma chair, toujours dans mes voitures. Depuis j'ai appris à me protéger contre ça.
- Une autre anecdote
- MB : Un jour j'allais à Nice pour effectuer un exorcisme. Sur l'autoroute, avec ma voiture presque neuve, en parfait état, je ne parvenais pas à dépasser le 60 à l'heure. Chaque fois que j'essayais d'accélérer, le moteur chauffait. J'ai donc fait Toulouse-Nice à 60 à l'heure. J'arrivai à destination en retard et très fatigué. Je prévins la famille que je ne viendrai que le lendemain matin.
- Un exorcisme dure un jour et demi. Je prends toujours un témoin, pour la sécurité. De préférence un témoin de la famille. C'est absolument nécessaire. Car je vais donner au malade des ordres parfois rudes, voire brutaux, mais nécessaires pour chasser l'esprit possesseur.
- Ce témoin est «l'avocat» de la victime. C'est lui qui défend le possédé. Il doit constater que je n'abuse pas de la situation, que je n'outrepasse pas..., que je ne déraille pas! Il peut m'arrêter à tout moment, me dire par exemple: Cet ordre il ne faut pas le donner.
- Vous savez un exorcisme, ce n'est pas une cérémonie amusante. On travaille pendant des heures sur un fond sonore assourdissant. J'ai des cassettes, avec des percussions. Et c'est sur cette musique brutale, que je lutte avec l'esprit possesseur que je dois persuader de quitter l'esprit de mon client. Il y a des cris, des injures, des éructations.
- Pendant des heures, j'essaie de le convaincre de s'en aller avec des mots, sur fond de percussions et de prières, de bruit et de fureur. Parfois on entend un grand fracas. Je le harcèle jusqu'à ce que l'esprit possesseur ait compris. "On ne vous veut pas de mal. Nous allons vous chasser d'où vous êtes, mais c'est pour vous pousser vers le lumière... " Jusqu'à ce que l'esprit possesseur ait compris, je continue, rituel et prières, ordres et musique. Je le harcèle jusqu'à ce qu'il abandonne la partie.
- Quand je vais donner l'ordre au patient lui-même de l'expulser, il faut quelqu'un pour le surveiller, le tenir. Il peut se débattre très violemment.
- Ce jour là, à Nice, une fois l'exorcisme accompli, lorsque je remonte dans ma voiture, je suis fourbu et j'ai complètement oublié l'incident de l'aller. Mon retour s'effectue normalement, à 130 à l'heure!
- Il faut dépasser son karma
- MB : Une autre fois, sur la route d'Andorre. Je roule à cent à l'heure. Quelqu'un m'emboutit, une fois de plus... Ma voiture est hors d'usage. Ce sont des amis qui viennent me chercher. L'un d'eux me dit: Je pense que cette fois, tu as compris que pour toi, le karma c'est fini".
- Sur le moment, je n'ai pas très bien réalisé ce qu'il voulait dire. Maintenant j'ai compris. Nous entrons dans l'ère du Verseau. Il faut dépasser son Karma.
- Durant des siècles, l'Eglise a entretenu la psychose par ses pompes et ses rites, ses indulgences et ses médailles.
- Par son sacrifice, le Christ nous a délivré de notre Karma. Le Karma c'était une dette culturelle. C'était le péché originel. Cette emprise que nous portions sur nous. Nous portions notre Karma comme une dette impossible à rembourser. Les héritiers du Christ n'ont plus de Karma. Notre Dieu, le Dieu du Christ n'est qu'amour. Nous sommes vraiment protégés, nous ne risquons plus rien.
- L'enfant prodigue
- La plus belle parabole, c'est celle de l'Enfant prodigue. Le jour de ses 18 ans, il exige de son père sa part d'héritage et s'en va. Il claque tout son argent avec des gens de mauvaise vie et des prostituées. Un jour, du fond de la misère, l'adolescent a envie de revoir son père et il retourne chez lui. Le père, le voyant de loin venir de loin, part à sa rencontre et lui parle le premier. Non seulement il lui pardonne, mais il tue le veau gras en son honneur. Au grand dam de son frère qui ne comprend pas...
- Oui, aujourd'hui nous sommes en présence d'un Dieu d'amour, non plus d'un Dieu vengeur. Quoi que nous lui demandions, il nous l'accorde. Car, ne l'oublions pas, nous sommes tous les fils de Dieu.
Marc Schweizer
- On peut consulter Michel Barthès
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- Tél : 05 6152 71 43
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